La RDC et la démocratie, illusion éternelle

Article : La RDC et la démocratie, illusion éternelle
Crédit: Image-présidence de la république(www.presidence.cd)

La RDC et la démocratie, illusion éternelle

Tantôt c’est la gauche qui gagne, tantôt c’est la droite qui gagne. À quand le tour du peuple ? Le père se serait mobilisé et lancerait un appel à des journées ville morte, pour dénoncer les allures du fils qui, avec l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social a, pendant des décennies, envahi les rues, se voulant aux antipodes des anciens régimes. Opposition, pouvoir, sacré jeu de ping-pong, c’est l’alternance. Voici un jeu supposé démocratique, mais sans souci du peuple.

L’État de la croix

Que des scènes incroyables au Congo. L’État de droit devient par le cours du temps l’État de la croix dans lequel se fait crucifier tout celui qui se lève et soutient une opinion contraire à celle du roi. Le géniteur lui, s’en est allé, mais son combat demeure inoubliable. Il est le héros célébré et reconnu comme le père de la démocratie. Mais voilà le fils aujourd’hui. Des arrestations en cascade, des interpellations, des interdictions de déplacement couplées aux sanctions contre les médias, font revivre tout ce que l’actuel président de la République a combattu dans l’opposition, et que les Congolais croyaient avoir coulé avec le pouvoir passé. La démocratie au pays de Kasa-vubu devient une illusion éternelle.

Mise en place d’un système à opinion unique où critiquer l’action du chef ou dénoncer ce que certains qualifieraient de dérives dictatoriales, revient à produire autour de soi le magnétisme pour les services de renseignements et de sécurité prêts à précipiter n’importe qui dans le tartare de Makala et les cachots ad hoc que le chef avait autre fois fermés. Promesse électorale de 2018.

Entre-temps, c’est le cercle vicieux. Il serait alors incohérent de maudire les 18 ans de règne du sénateur à vie, qui se frotte les mains à Kingakati en tant que le mal de la République, tant que son départ n’a fait qu’empirer la situation avec comme effet, la triple augmentation des prix des denrées alimentaires, réduisant ainsi à rien le pouvoir d’achat du citoyen congolais.

Le peuple après

Si la démocratie est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple, le Sphinx de Limete se pleure et meurt dans sa tombe voyant la situation de son pays, celui qu’il a tant défendu, au prix de sa propre vie. Présage totalement brumeux pour des Congolais déjà dépités. Le regard de tous est maintenant tourné vers les élections, véritable gâteau d’anniversaire pour ceux qui s’appellent forces politiques et qui ont enfanté sur un matelas de billets verts, des plates-formes électorales. Quelques figures de l’opposition prendront part à cette festivité politique au nom de la popularité acquise derrière le peuple qui, pourtant, ne semble être pas leur priorité.

Tout le monde est préoccupé et s’active financièrement pour venir demander aux con-patriotes d’aller voter. C’est la course à l’achat des consciences au moyen de l’argent. Des politiciens sans souci du peuple qui ont profité de l’inertie d’une jeunesse inconsciente pour instaurer un système népotiste.

Le monde du travail devient un cercle ésotérique où l’accès n’est possible qu’à ceux qui sont de leurs lignées. Sous prétexte de leurs poids politiques, ce sont les députés et sénateurs, membres des partis politiques qui deviennent des directeurs généraux des entreprises, des présidents et membres des conseils d’administration. À quand le recrutement des compétences ? À quand la dépolitisation des services publics ?

L’heure du questionnement

Le peuple cherche à comprendre, la mémoire reste trouée. En quoi les Congolais sont-ils souverains si le mode opératoire de ceux qui ont le pouvoir ne reflète pas leurs besoins ? Pourquoi doit-on parler de la démocratie si le chef n’aime pas avoir des adversaires politiques en RDC ? Pourquoi parler de la démocratie si la peur règne dans tous les camps ? Oui, cette peur de perdre le pouvoir par ceux qui le détiennent et la peur auprès de ceux que le pouvoir opprime.

Ceux qui incarnent la force de l’opposition sont traqués à la guillotine, un supplice pour retrancher les Sonko Ousmane de la RDC de la course. Le régime de la terreur n’a-t-il pas pris fin en France ? Robespierre n’a-t-il pas été renversé ? Mobutu n’a-t-il pas fui le pouvoir ? Joseph Kabila n’a-t-il pas laissé la main ? Vive la démocratie en RDC

Gilbert Sterick Mulumba

Partagez